Tous les articlesMobilité d’entreprise

SLA de ponctualité VTC : définir le départ de la mesure et les exclusions

Un SLA de ponctualité VTC ne vaut que si le départ de la mesure et les exclusions sont écrits : heure de rendez-vous, arrivée du véhicule ou départ effectif.

SLA de ponctualité VTC : définir le départ de la mesure et les exclusions

Un acheteur insère dans un contrat une clause de ponctualité, souvent sous la forme d'un pourcentage — « taux de ponctualité garanti » — sans définir à quel moment le chronomètre démarre ni ce qui est exclu. Six mois plus tard, prestataire et client s'opposent sur les chiffres, chacun mesurant une chose différente. La ponctualité n'est pas une donnée objective qui existe d'elle-même : c'est une convention qu'il faut construire avant de la mesurer.

Le départ de la mesure : une convention, pas une évidence

« Être à l'heure » peut signifier plusieurs choses selon le point de référence choisi. Le véhicule est-il jugé à l'heure s'il arrive à l'heure de rendez-vous convenue avec le passager ? S'il arrive dans un délai donné après la réservation ? S'il part effectivement à l'heure prévue ? Ces trois points de départ donnent des taux de ponctualité différents pour un même service. Choisir le point de départ est la première décision du SLA, et elle doit être écrite.

Le point de départ le plus défendable est celui qui correspond à ce que le passager vit réellement : l'heure à laquelle il est pris en charge, comparée à l'heure convenue. Mais ce choix impose de définir précisément ce qu'est « l'heure convenue » : celle de la réservation, celle confirmée par le prestataire, ou celle ajustée en cours de course. Écrivez laquelle fait foi, et conservez la trace de sa communication au passager.

L'unité et le dénominateur du taux

Un pourcentage sans dénominateur est ininterprétable. Précisez ce qui est compté : toutes les courses, ou seulement celles du périmètre contractuel ? Les courses annulées puis reprises comptent-elles ? Une course réservée en urgence est-elle soumise à la même règle qu'une course planifiée ? Définissez aussi l'unité d'écart : se mesure-t-on en minutes de retard, en fraction de courses conformes, ou en part de passagers pris en charge dans une fenêtre donnée ?

Choisissez la fenêtre de tolérance et écrivez-la : un véhicule arrivé dans les limites de cette fenêtre est ponctuel, au-delà il ne l'est pas. La fenêtre doit être cohérente avec l'usage : une course vers un rendez-vous client et une navette de site ne tolèrent pas le même écart. Ne reprenez pas une valeur standard sans l'avoir rattachée à un besoin réel.

Les exclusions : les lister, pas les subir

Les exclusions sont l'endroit où un SLA se vide de son sens. Si tout ce qui échappe au prestataire est exclu, le taux affiché est excellent sans rien garantir. Si rien n'est exclu, le prestataire est pénalisé pour des causes extérieures. La liste des exclusions doit donc être explicite et équilibrée : événements extérieurs imprévisibles, retards imputables au passager, instructions de l'acheteur modifiées en cours de course.

Chaque exclusion doit être définie par un fait vérifiable, pas par une formule vague. « Cas de force majeure » ne suffit pas : décrivez les situations couvertes et la preuve attendue pour qu'elles soient reconnues. Un retard du passager doit avoir une trace — heure d'arrivée au point de rencontre, échange avec le chauffeur — sinon l'exclusion devient une échappatoire. Symétriquement, un retard du véhicule doit être mesuré indépendamment des déclarations du seul prestataire.

La donnée qui mesure : source, responsable et fréquence

Un SLA ne vaut que par la donnée qui le mesure. Précisez la source — horodatage de l'application, données du prestataire, relevé d'un outil indépendant — et le responsable de la consolidation. Deux sources peuvent diverger : l'heure du chauffeur et l'heure du passager ne coïncident pas toujours. Décidez laquelle fait foi, ou comment l'écart entre les deux est traité.

Fixez la fréquence de publication et la règle de contrôle : un échantillon de courses vérifiées périodiquement suffit souvent, là où une surveillance continue de tous les trajets serait disproportionnée et poserait des questions de données personnelles. Le reporting doit permettre de repérer un écart sans transformer le SLA en outil de surveillance des passagers.

Ce qu'un bon SLA doit permettre de répondre

  • Quel est le point de départ de la mesure, et quel événement le documente ?
  • Quelle est l'unité de l'écart et la fenêtre de tolérance, rattachées à quel usage ?
  • Quelles situations sont exclues, et quelle preuve conditionne chaque exclusion ?
  • Quelle source de donnée fait foi en cas d'écart entre deux relevés ?
  • Quelle est la conséquence d'un non-respect : pénalité, solution de secours ou les deux ?

Action immédiate

Relisez la clause de ponctualité existante et vérifiez qu'elle répond à chacune de ces questions. Si le point de départ, l'unité ou la liste des exclusions manque, complétez-les avant la prochaine revue de contrat. Testez la règle sur un échantillon de courses récentes : si deux personnes raisonnables ne parviennent pas à la même conclusion sur un même trajet, la convention n'est pas assez précise et doit être réécrite.